Mort es-tu vraiment le sort

De celui qui s’endort

L’oubli de cette vie

Qui n’a vécu que pour ce lit

 

A chaque instant, à chaque moment

Tu saisis l’homme en le tuant

Implacable destin, infâme vérité éternelle

Voilée de mystère, mort, tu es cruelle

 

Entends ma voix triste d’humain

Complainte, désespoir, je chante pour demain

Où tu m’emporteras dans ton tombeau

Pour des temps profonds, noir et clos

 

Mort, j’aimerais être ton ami

Montre-toi, je t’attends cette nuit,

Nous discuterons de l’immortalité

Faisons la paix, oublions nos rivalités

 

Ton funeste visage, aux mornes présages

Envoûte les vivants dans ce monde sans âge

J’implore ta pitié, ton humble compassion

Qui gravera de sa marque le sceau d’une dévotion

 

J’accueille dans ma modeste demeure

Sur le seuil du temps qui meurt

Ton âme vêtue de son affligeant deuil

Au pas de ma porte dépose ton cercueil

 

Amertume discutions au sein de l’ennui

Tu ridiculises mon corps dans un soupir

Mais serais-je assez fort contre le sort

Qui s’agrippe encore à la vie contre ta mort

 

Je combattrai ta grandeur vengeresse

Avec des mots qui chantent la gloire et la sagesse

Mort sois de mon côté, sois un ami accompagne moi

Dans ton long voyage

 

Où je suis sûr de ne jamais revenir, drôle de présage !