Dans mes veines coulent la fusion de l’acier

De ses mines de fer et de hauts fourneaux

Mélange de crasse de sueurs et de fatalité

La vallée de la Fensch crache ses chalumeaux

 

Les villes se terminent par ange

Dans l’enfer des laminoirs rouge de feu

Le sang des hommes a un goût étrange

Celui des fours et des cheminées sans dieu

 

Leurs habits salis par le travail acharné

Par les cadences de productions déchaînées

Leurs ombres sont gravées sur les lingots

Aux sorties des filières à chaud dans un lourd sanglot

 

La valse de la peine syndicalisée

Pour lutter contre le patronat De Wendel

Dans de vastes manifestations sacrificielles

Pour des salaires et horaires mérités

 

Je vous parle d’un temps avant mes vingt ans

Où les fils des pères naissaient dans le fer

A la recherche d’un bonheur devenu bien amer

Pour tout horizon leurs maisons grises sans argent

 

Le ciel de cendre noire de ma région

Avait plutôt une couleur pourpre saignant

Les étoiles sont projetées par les aciéries en combustion

Dans la douleur des bruits assourdissants

 

Mes racines d’ouvrier et du passé

S’inscrivent dans ma mémoire

D’une famille prolétaire qui a travaillé

 

Dans le berceau des mines et des laminoirs