Papa, quel nom insignifiant

Qui ne représente que le néant

Alors que l’envie qu’il soit beau

Me manque comme un fardeau

 

Parti un beau matin sur les grands chemins

Laissant derrière lui que le chagrin

Aucun amour pour apaiser notre douleur

Détresse insensée sans adieu, quel malheur !

 

Ne sois pas triste maintenant

Nous sommes déjà tous grands

La vie a su préserver notre amour

Alors je t’aime à mon tour

 

Je pense souvent au temps de tes vingt ans

Où tu étais fort dans ta raison

Et tel un bâtisseur, tu nourrissais une ardeur,

De vivre dans un monde de bonheur

 

Mais hélas ! Tout doucement ton visage disparaît

Par les jours, les mois et les années qui s’écoulaient

Pendant ce temps je m’inventais des histoires d’émotions

Qui me faisait rêver que tu existais, sans aucune apparition

 

Loin de mon destin, tu as vécu avec les tiens

Et nous sommes devenus des étrangers au quotidien

Que reste-t-il de notre paternelle filiation

Ne serait-ce que cette sœur inconnue en absolution

 

Mais je suis fou d’amour pour toi

Même si je dois remercier la vie

Pour l’émotion de chaque désarroi

Je te suis redevable aujourd’hui

 

J’ai construit avec force mon destin

Dans le coin d’un dessin

Où s’écoule doucement ma passion

Pour le temps d’aimer avec sublimation

 

Mon esprit a su m’apporter la douceur

Qui se manifeste au-delà de mon cœur

Pour te l’offrir, maintenant, en hommage,

Sur le seuil de ta vie tu l’emporteras, quel dommage !