Je suis arrivé au beau mois de juillet

C’est vrai ce n’est plus le printemps mais l’été

Heureux de cette aubaine des dieux

La vie ouvre ses bras et j’en suis heureux

 

Doucement le destin dessine son chemin d’homme

Pour me guider sur les routes de l’existence

Et déjà l’empreinte de l’amour se façonne

Par le réflexe inconscient de reviviscence

 

La chaleur d’un doux foyer heureux

M’accueille en son sein dans son immense tendresse

Et berce mes illusions d’enfant amoureux

Dans des rêves somptueux et pleins de promesses

 

Mais ironie du sort tout se décide autrement

La mort frappe au seuil de mon âme

Et veut saisir mon bonheur sans avertissement

Mais l’appel de la vie est fort dans son mélodrame

 

Et sauvé par la chance d’une nuit étoilée

Me voilà prêt à continuer à respirer

Prendre les marques d’une stabilité affective

Et gagner le combat contre la mort explosive

 

Baignant dans un bonheur imminent

Je joue du temps avec mon affection

Sans prendre garde au déchirement

De la terrible séparation de mes émotions

 

A la conquête de notre sort, casse gueule,

Nous voilà partis pour l’orphelinat

Coupables d’avoir été des enfants seuls

Privés d’amour c’est la foire à l’anonymat 

 

De familles en familles c’est déjà le deuil acquit

De sa longue souffrance sans humanité

Oh ! Tendresse infinie dans mon âme meurtrie

Tu es partie loin de ma vie sans m’épargner

 

Que de gloire à vivre les sévices de ses inconnus

Qui n’ont d’autres horizons que la souffrance

Pour détruire la marque d’un amour battu

Où mon cœur saigne dans une folle espérance

 

Mais les nuages sombres de cette période

Se dissipent lentement pour un soleil radieux

Qui s’illumine dans le fond de mon exode

Et la porte de la chance s’ouvre sur les cieux

 

Bonjour mes chers grands parents sauveurs

De votre bonté vous nous avez adorés

Pour toute raison je revis et je pleur

Maintenant je peux vivre pour de vrai

 

Et la vie suit son cours dans un festin d’amour

Avec pour tout paysage, la tendresse !

Et sur sa toile se dessine l’affection d’un troubadour

Qui joue lentement sur des couleurs d’ivresses

 

A l’heure d’être un homme libre

J’emporte avec moi la source d’apprendre

La douceur de peindre et de lire

La philosophie d’un sentiment tendre

 

Briser les chaînes du passé

Sans contraintes ni prisons de damnés

Avec la force de vaincre tous les jours

Que c’est beau la vie et l’amour